{"id":1079,"date":"2019-07-17T14:19:48","date_gmt":"2019-07-17T21:19:48","guid":{"rendered":"https:\/\/sylvainefrancine.com\/?p=1079"},"modified":"2019-07-28T12:01:21","modified_gmt":"2019-07-28T19:01:21","slug":"mumbai-india-2005","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sylvainefrancine.com\/fr\/mumbai-india-2005\/","title":{"rendered":"Mumbai, Inde-2005"},"content":{"rendered":"<p>Extrait non \u00e9dit\u00e9 de mes m\u00e9moires. \u00a92019 Sylvaine Francine<\/p>\n<p>\u00c0 mon arriv\u00e9e sur le campus, le b\u00e2timent des filles \u00e9tait plein \u00e0 craquer et ne pouvait plus m&#039;accueillir. On m&#039;a donc envoy\u00e9e dans le dortoir des gar\u00e7ons pour m&#039;installer dans un petit appartement au quatri\u00e8me \u00e9tage. Les gar\u00e7ons, eux, gardent toujours la porte de l&#039;ascenseur ouverte pour moi. Mais, m\u00eame sous la chaleur intense et l&#039;humidit\u00e9 \u00e9touffante, j&#039;ignore l&#039;ascenseur et monte et descends les escaliers. Ils me fixent du regard et ne comprennent pas. C&#039;est ainsi que je m&#039;entra\u00eene.<\/p>\n<p>Parfois, le soir, trois ou quatre jeunes \u00e9tudiants frappent \u00e0 ma porte.<\/p>\n<p>\u00ab Bonsoir, madame. \u00bb Quelques paires d\u2019yeux marron fonc\u00e9 me font face.<\/p>\n<p>&quot;Bonne soir\u00e9e.&quot;<\/p>\n<p>Ils s&#039;enqui\u00e8rent du niveau d&#039;insecticide dans mon appartement.<\/p>\n<p>\u00ab L&#039;appareil est-il branch\u00e9\u00a0? Allum\u00e9\u00a0? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Je crois que oui. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab On peut v\u00e9rifier pour vous, madame ? En avez-vous encore assez ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Je crois que oui. Mais, bien s\u00fbr, entrez. C&#039;est juste l\u00e0 \u00bb, en d\u00e9signant la prise \u00e9lectrique. Ils retirent leurs <em>chapalas<\/em>, laissez-les dans le couloir. Pieds nus, ils entrent.<\/p>\n<p>Le support d&#039;insecticide en plastique transparent est rempli, branch\u00e9 sur la prise \u00e9lectrique et allum\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Fermez bien vos fen\u00eatres la nuit\u00a0\u00bb, dit l&#039;un. Un autre poursuit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Vous avez un probl\u00e8me de casse et vous avez besoin d&#039;aide\u00a0? N&#039;h\u00e9sitez pas \u00e0 nous le signaler. Nous vous aiderons.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Merci. Rien n&#039;est cass\u00e9, mais si j&#039;ai besoin d&#039;aide, je vous le ferai savoir. C&#039;est tr\u00e8s gentil de votre part. \u00bb<\/p>\n<p>Ils partent; C<em>hapalas<\/em> de retour sur leurs pieds et les mains jointes sur leurs c\u0153urs en <em>Namast\u00e9. <\/em>Ils se retournent vers moi \u00e0 deux reprises et hochent la t\u00eate. Je leur souris, puis je ferme la porte. Eh bien, en groupe, ils trouvent le courage de m&#039;approcher, me dis-je. Une curiosit\u00e9, sans aucun doute\u00a0: je porte la courte veste blanche des \u00e9tudiants, comme eux. Ils savent que je ne fais pas partie des professeurs qui portent la longue veste blanche. Alors\u2026 qui suis-je\u00a0?<\/p>\n<p>Les \u00e9tudiants qui fr\u00e9quentent les \u00e9coles de ce campus viennent de familles riches.<\/p>\n<p>Le campus abrite une \u00e9cole de m\u00e9decine ayurv\u00e9dique, une \u00e9cole d&#039;hom\u00e9opathie, une \u00e9cole de dentisterie et, qui sera construite dans un avenir proche, une \u00e9cole de commerce qui proposera un MBA.<\/p>\n<p>Chaque jour, deux domestiques, v\u00eatues de leurs saris de coton, viennent nettoyer, balayer et laver l&#039;escalier, le sol des dortoirs et mon appartement. Arm\u00e9es de balais, de serpilli\u00e8res et d&#039;un seau d&#039;eau, plus sales que propres, elles avancent rapidement, leurs lourdes tresses de cheveux noirs dans le dos. Timidement, elles me sourient et nous essayons de communiquer. Leur int\u00e9r\u00eat pour moi est sinc\u00e8re et j&#039;aimerais que nous puissions mieux nous comprendre. Je veux apprendre la condition f\u00e9minine par des femmes. Ce souhait se r\u00e9alise lorsque je me lie d&#039;amiti\u00e9 avec la professeure de physiologie et que je lui rends visite chez elle. J&#039;appr\u00e9cie nos rencontres et nos discussions. Nous abordons de nombreux sujets tout en jouant avec son fils, un adorable bambin.<\/p>\n<p>Vaidya D. souhaite que je me concentre sur mes \u00e9tudes plut\u00f4t que sur la pr\u00e9paration des repas, et je pr\u00e9f\u00e8re \u00e9viter les plats \u00e9pic\u00e9s de la caf\u00e9t\u00e9ria. La solution\u00a0: j\u2019ai une cuisini\u00e8re, dont le mari est membre du personnel. Il m\u2019apporte un<em> repas de midi<\/em>\u2014 trois ou quatre r\u00e9cipients ronds en inox qui se ferment les uns sur les autres gr\u00e2ce \u00e0 une poign\u00e9e. Le d\u00e9jeuner et le d\u00eener arrivent tous les jours. J&#039;entends le bruit de l&#039;ascenseur et quelqu&#039;un frapper \u00e0 ma porte. Les plats pr\u00e9par\u00e9s, \u00e9pic\u00e9s et parfum\u00e9s, mais jamais trop \u00e9pic\u00e9s, me lib\u00e8rent des corv\u00e9es de cuisine. J&#039;appr\u00e9cie tellement \u00e7a. Je me sens g\u00e2t\u00e9e, si bien prise en charge. Pas de courses, pas de cuisine, pas de m\u00e9nage pour moi \u2013 m\u00eame si pour le petit-d\u00e9jeuner, je suis seule.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Unedited excerpt from my memoir. \u00a92019 Sylvaine Francine When I first arrived on campus, the girls\u2019 building was at full capacity, could not accommodate me. Instead, I was sent to the boys\u2019 dorm to settle in a small apartment on the fourth floor. The boys, always, keep the elevator door open for me. 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